La Fleur qui pique ⓒ Delphine Dabadie

Delphine Dabadie, La Fleur qui pique, 2019, photographie.

« Est-ce bien réel ?

On a peur du vide

Du silence

On a peur qu’il s’installe

Douces

Solitudes…

Ma tête me dit d’être forte

Mais mon coeur est sourd.

Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?

J’ai dû rêver trop fort.  »

Delphine Dabadie

Le travail de Delphine Dabadie

Delphine Dabadie est une jeune photographe qui travaille actuellement dans un studio photo à Paris. Le travail de Delphine a grandement évolué, l’approche primaire de la photo de ses débuts s’est transformée en une approche de création réfléchie plus intime avec l’objectif. Son expérience de la photographie a débuté au Conservatoire des Arts de Montigny-le-Bretonneux, avec la photographe Barbara Pellerin, elle a été encouragée à être très prolifique. De plus, à travers deux projets artistiques imposés « Errance » et « Lapidation », elle a eu une révélation et compris que la photographie était la voie qu’elle voulait emprunter. Après, en poursuivant en BTS photographie à Paris, elle a pu découvrir à travers son projet de fin d’année portant sur les « Faits divers » la réalité du métier de photographe.

L’approche de Delphine Dabadie

Récemment, son approche de la photographie a pris un nouveau tournant. Elle a décidé d’utiliser son corps comme modèle à l’instar de l’une de ses plus grandes inspirations, la peintre Frida Kahlo. En effet, comme celle-ci elle utilise l’art comme un moyen de s’exprimer, de se défouler, de faire passer des émotions. Cependant, sa pratique a mis du temps à éclore par peur qu’on puisse qualifier sa création d’autoportrait comme narcissique, de plus sa jeunesse lui faisait penser qu’elle n’avait pas « le droit » d’exprimer des sentiments forts.

Alors que la réalité en était tout autre, Delphine est une jeune femme pudique qui à défaut de s’exprimer par la parole, le fait par le biais de la photographie et de l’écriture. Elle capte ses émotions à travers l’objectif afin de créer un dialogue avec le spectateur. Mais elle ne cherche pas à ce que celui-ci ressente exactement le même sentiment mais qu’il s’approprie l’image pour ressentir une émotion qui lui est personnelle. Les spectateurs doivent faire appel à leur propre expérience. En effet, elle donne au spectateur une partie d’elle, sans pour autant en imposer sa réalité.

La pratique de sa photo est très intime, spontanée et fragile. Nous parlons de spontanéité, car pour elle les moyens ne sont pas gage de sensations, de plus elle est son propre modèle. La photographe Francesca Woodman « Les choses du réel ne me font pas peur, seulement celles qui sont au fond de moi », est une artiste qu’elle admire pour son travail spontané. Le but n’est pas de faire ressentir les émotions par la mise en scène mais par la spontanéité d’une photo prise à un instant T.

Enfin, l’écriture semble compléter et ne faire qu’un avec son travail photographique. En effet, toujours dans cette dynamique de communication, elle ressent le besoin parfois d’écrire et d’y apposer une photo et vice-versa. Pour elle, les mots sont aussi importants que l’image.

Propos recueillis par Léa Mirabel

delphine.dabadie.photo@gmail.com

Instagram : @delphinedabadie